Masters 2017 – J3 – impressions de Laurine et Maé

Les impressions de Laurine Lecavelier (et de son entraîneur Kori Ade) et de Maé-Bérénice Méité après le libre dames.

 

Laurine : Oui, le premier Lutz du libre était bien… mais la suite, j’en suis moins contente. J’ai du mal à trouver mes marques sur ce programme. Ce n’est pas un problème de préparation physique car tout passe aux entraînements. Disons qu’ici toutes les conditions n’étaient pas réunies pour que je patine au mieux… comme par exemple avoir son ancien entraîneur comme spécialiste technique. Enfin bon, la bonne chose c’est qu’on est au début de la saison, une fois qu’on aura trouvé les solutions tout ira mieux, les Masters c’est aussi fait pour faire le point.
La mise en relation avec Kori, c’est venu de Didier Gailhaguet qui l’a appelé cet été. Tout se passe bien au Colorado, j’ai beaucoup d’énergie. Je retravaille les combinaisons triple-triple avec le boucle, et le triple Axel. Je pourrai le passer je pense, mais ce n’est pas la saison pour ça, peut-être plus tard.

Kori 
: le triple Axel, Laurine le travaille au harnais, pas la peine de se blesser inutilement. En pensant du temps dessus, je pense qu’elle le maîtriserait assez pour le présenter en programme, mais ce n’est pas l’année pour ça; il faut être stratégique, c’est une année olympique ! Les combinaisons avec triple boucle, ça peut permettre d’avoir un éventail de choix plus important et d’inclure les éléments les plus fiables.
C’est important pour moi de venir ici avec Laurine, on apprend à se connaître ; on échange pendant la compétition, on se construit notre propre vocabulaire. Ce n’est pas en arrivant sur un Grand Prix qu’on aurait le temps pour ça, il serait trop tard  ! Ca me permet de voir comment Laurine vit la compétition, pour pouvoir anticiper plus tard les moments de stress par exemple. Mes athlètes sont très importants pour moi. Sur cette compétition je ne suis pas affolée du tout, Laurine ne s’est pas démobilisée ; il lui manque quoi, le double boucle piqué sur le deuxième triple boucle pour gagner, ce n’est pas grand-chose.

Laurine :
aux Etats-Unis, les conditions d’entraînement sont vraiment différentes, je m’y habitue assez bien, mais il faut prendre le coup. Par exemple, on paye l’entraîneur à l’heure, et logiquement on passe moins de temps avec le coach et beaucoup plus de temps avec les autres patineurs ! D’un autre côté ça m’a permis de progresser en anglais, Jason Brown je le comprends sans problème, mais Rohene Ward il m’a fallu plus de temps pour intégrer son accent (ndlr : Laurine a déjà un anglais quasi parfait !).

 

Maé, après son programme libre :
Sur le programme court avant-hier, c’était vraiment bizarre, je n’étais pas là, je n’ai pas du tout réussi à rentrer dans mon programme. La chute sur le triple boucle d’entrée m’a fait beaucoup de tort, c’est simple je n’ai pas décollé. Du coup le Lutz derrière, c’était quasiment mission impossible. J’ai pris du recul, j’ai analysé ce qui ne s’était pas bien passé, pour surtout ne pas reproduire la même chose sur le libre. Mon expérience m’y a aidé, et c’est comme dans la vie, il faut rebondir, toujours se battre !
Benoit Richaud, mon chorégraphe m’a aidé aussi. Mon entraîneur n’était pas là, mais il me connait bien, il peut éventuellement me donner quelques conseils en techniques sur des fautes flagrantes. Avant le libre, il a trouvé les mots pour me mettre de bonne humeur, ça a marché !

Je suis donc très contente de mon libre aujourd’hui, je me rapproche de mon meilleur niveau… ça fait longtemps que je n’avais sorti triple flip-triple boucle piqué et double Axel-triple boucle piqué dans un programme !

Vous ne pouvez pas savoir à quel point j’étais frustrée après la saison dernière… tout ce travail, pour finalement ne pas pouvoir le retranscrire sur la glace ! J’ai toujours un bandage au genou quand je patine, c’est simplement pour stabiliser la rotule, tout va beaucoup mieux.
J’ai passé tout l’été à m’entraîner à Los Angeles avec Rafael Arutunian et son équipe. Il y avait tellement de bons patineurs : Romain Ponsart, Adam Rippon, Ashley Wagner, Nathan Chen… c’est hyper motivant, ça fait une émulation de folie ! Même quand on a un coup de fatigue, on veut bien patiner car les autres sont plus en forme… Adam et Nathan sont impressionnants à ce niveau-là, ce sont des bêtes de travail !

Les idées de musique… : pour le programme court c’est simple, on l’avait déjà l’année dernière. Beaucoup de monde me disait que je devrais patiner sur du Beyoncé. J’aime beaucoup sa musique, je l’avais déjà utilisée en gala, mais je ne me sentais pas encore prête pour un programme de compétition. C’est chose faite, avec Benoît on a trouvé le truc, on le joue femme fatale ; ça marche, et je m’amuse !

Pour le libre, Benoit a encore mis sa patte. Il m’avait vu en gala sur de la musique classique, et avait aperçu une toute autre patineuse… mais c’était bien moi ! On s’est donc lancé avec les Nocturnes de Chopin. Par contre, Rafael Arutunian nous a fait remarquer que tout un programme dessus, ce serait trop, les gens n’ont pas forcément envie d’avoir l’impression de suivre un enterrement. On est donc parti sur une deuxième complètement différente. Ca peut paraître décousu, mais le lien c’est moi ! Ce sont deux facettes de ma personnalité, c’est du Maé tout craché.

Après le stage d’été je suis retourné à Chicago avec Shanetta Folle. La France me manque parfois… ne serait-ce qu’au niveau nourriture, même si je suis habituée maintenant à lire toutes les étiquettes pour savoir ce que je mange ! J’ai pensé aller voir Vanessa (James) en Floride, c’est seulement une histoire d’avion à prendre… pour un trajet qui dure quand même 3 heures, avec du décalage horaire, bref, trop compliqué ! Ma mère est venu me voir, c’était vraiment bien, rien que de reparler français.

Pour la suite de la saison, je vais enchaîner la Coupe de Russie, le Grand Prix de France, les championnats de France, et les Europes. Shanetta va venir dans deux semaines, et je vais rester en Europe jusque-là. Pour la suite… je croise les doigts pour les JO et les mondes !

C’est comme pour la saison prochaine, rien n’est défini, je verrai en fin de saison comment ça se présente, je n’ai aucune idée. Ce sera à voir le moment venu, mais je déjà sais qu’il y aura un grand break à la fin de la saison, j’ai déjà vécu une saison olympique, et c’est vraiment nécessaire ! Il y a quatre ans, en revenant des Jeux j’étais vidée. Il a fallu se remobiliser pour les Mondes, ça a été… le programme court était pas mal, par contre la journée de temps mort avant le libre, ça m’avait été quasiment fatal, j’avais pris toute la fatigue de la saison d’un coup. Maintenant je sais !

En parallèle du patinage, je suis maintenant en licence de gestion à distance à la fac de Montpellier. Ca fait toujours un bon bagage, ça pourra me servir pour faire de la gestion, du marketing, devenir entrepreneur… mais ça c’est pour plus tard !

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