Mondiaux 2017, court messieurs : réactions de Kevin Reynolds, Alexander Majorov et Chafik Besseghier

 

Kevin Reynolds
Très satisfait de mon programme, c’est ma meilleure performance depuis longtemps ! Surtout que les 6 minutes d’échauffement étaient loin d’être parfaites, maintenant les patineurs du groupe doivent venir au centre de la glace pour être présentés au public, avant on rentrait sur piste et on faisait directement nos gammes, il faut que je m’habitue à ces nouveaux changements. J’ai réussi à me ressaisir, je ne pourrai pas être plus satisfait !
Sur mon choix de musique, je voulais utiliser une musique folklorique, et j’ai cherché un peu partout sur youtube pour voir ce qui se faisait. J’avais aussi en tête que les mondiaux étaient en Finlande, et finalement j’ai trouvé des musiques finlandaises qui me plaisaient et qui plaisaient à ma chorégraphe Shae-Lynn Bourne. Pour le costume, on a essayé qu’il soit aussi authentique que possible, tout en étant athlétique pour que je ne sois pas gêné en patinant.
Avoir été longtemps blessé, c’est sûr, le moral n’était pas là tous les jours, on se pose pas mal de question, mais c’est passager, l’envie de repatiner revient toujours ! J’en ai profité pour continuer mes études en relations internationales, au début je pensais que ce serait une distraction, une sorte de handicap pour le patinage, mais ce n’est pas du tout le cas, ce sont deux mondes différents, parallèles, et passer de l’un à l’autre peut être une vrai bouffée d’oxygène.
Dans mon libre je prévois quadruple Salchow et piqué, le boucle je le travaille, mais je dois faire attention à mes blessures récentes. Mon but pour l’instant est de patiner aussi propre que possible, et de réduire l’écart de notes sur les composantes avec les meilleurs.

 

 

Alexander Majorov
(Coîncidence, Alexander Majorov a patiné juste après Kevin Reynolds, lui aussi sur des musiques folkoriques finlandaises)
Je suis content de mon programme, il y eu une hésitation sur une pirouette, je ne savais pas si je devais continuer la position ou non, si les niveaux seraient là, finalement la pirouette est de niveau 3, pas mal ! Ces musiques finlandaises, ce n’est pas si évident que ça à patiner ! Il faut être joyeux et plein d’entrain, alors que croyez-moi un programme court ce n’est pas si facile ! Le début de saison n’a pas été simple, mais maintenant je commence à me sentir vraiment bien dessus.
Mon père va bien maintenant (Alexander a subi une ponction lombaire pour prélever de la moelle épinière pour son père, qui est aussi son entraîneur). Il récupère bien, les muscles reviennent petit à petit. Si vous le voyiez aujourd’hui, vous ne penseriez pas qu’il a été si malade. Il repatine un peu avec moi de temps en temps, il ne peut pas patiner quand il y a du monde à cause des risques d’infection. De mon côté j’ai finalement récupéré de ma ponction lombaire, ca a été long, car il faut du temps pour le niveau de cellules sanguines reviennent à la normale. Et j’ai repris un peu trop vite sûrement, je me suis blessé à la hanche, qu’il a fallu guérir ensuite… ca m’a pris 6 mois en tout, mais maintenant ca va mieux. Pour la saison prochaine, pourquoi pas essayer le quadruple Salchow, je l’ai essayé il a quelques semaines et la troisième tentative était très bonne. Ou pourquoi pas même le quadruple Lutz !

 

 

Chafik Besseghier
Plutôt stressé aujourd’hui, il y a pas mal d’enjeu et le niveau est très élevé. Un peu déçu pour la combinaison avec le quadruple, je suis arrivé un peu trop sur la pointe, du coup j’ai préféré faire double que triple derrière. Mes pirouettes sont toutes de niveau 4 pour la première, j’en suis très fier.
La première partie de mon programme, je ne suis pas en apnée mais pas loin ! J’ai plus de moments pour respirer sur la deuxième partie, même si la suite de pas est assez intense.
Le triple Lutz, c’est clair, c’est pour faire propre avant tout. Après les Europes, on a beaucoup discuté avec Didier. On a compté combien de programmes courts avec deux quadruples je faisais par semaine, on est arrivé à 2, soit à peu près deux sur trois… Deux quadruples c’est ce qu’il faut pour tutoyer les meilleurs, mais le risque était trop grand. Les juges veulent des programmes propres ! Par contre la saison prochaine, il y en aura deux.
Sur les autres quadruples, ce ne sera ni flip ni boucle. Quadruple Lutz peut-être, j’ai fait quelques essais assez convaincant sur quadruple Axel également. J’ai l’impression qu’on est bloqué en France sur la technique, sur la motivation pour aller chercher le plus dur. Comme si on comptait avant tout sur les erreurs des autres pour pouvoir leur passer devant, on ne prend pas de risques. Alors que pour moi c’est plus un jeu.
Pour les JO, c’est sûr j’aurai aimé ramené deux places, pour ça il aurait fallu mettre deux quadruples et croiser les doigts. Ca met un peu de pression en plus, mais j’ai quand même beaucoup plus d’expérience, je suis plus serein techniquement, je ne subis plus mes programmes avec quadruple. Je vois d’autres patineurs qui en sont encore à ce stade, je suis enfin passé au-delà. Maintenant je peux me concentrer sur la deuxième note, j’ai beaucoup travaillé avec Catherine Glaise, avec Allen Schramm, et Stannick est très fort également. L’entraînement cet été sera crucial, je ne suis pas sûr de travailler avec Stannick, pour l’instant il m’entraîne bénévolement et il a son propre travail. J’aimerai l’apport d’un coach étranger, et un prof de danse que je demande depuis pas mal de temps mais qu’on me refuse.

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *